• 11 novembre 2016

    11 novembre 2016Exceptionnellement cette année, je ne suis pas allée au village natal et n'ai pas entendu nommer les morts locaux, le frère de ma grand-mère ou les parents de personnes que j'ai toujours côtoyé.

    Gilles Provin m'avait en effet convié à assister à la cérémonie de remise de la médaille de bronze "Jeunesse et Sport" dont il était récipiendaire.

    Le monument aux morts étant indisponible en raison des travaux de l'église Saint Georges, nous étions donc réunis au parc Maringer, près de la salle qui fut au départ un stand de tir où s'entraînaient les soldats du 69ème RI, intégrée à la 11ème division d'infanterie française, constitutive de la "division de fer".

    Rassemblés face aux portes-drapeaux (plus de 6), dans un espace délimité par des frises historiques reprenant les grandes batailles du conflit, tant sur le territoire français qu'à l'étranger, nous étions tous orientés vers la maquette des tranchées réalisée en 2010 par les élus du Conseil Municipal des Jeunes.

    11 novembre 2016

    11 novembre 2016

    11 novembre 2016

    L'accent a été mis notamment sur les fusillés pour l'exemple, les élus arborant à leur boutonnière un œillet rouge en mémoire de ces vies fauchées pour rien. Rappelons pour mémoire que la proposition de loi visant la réhabilitation collective de ces derniers, déposée le 20 décembre 2012, a été rejetée par le Sénat le 19 juin 2014.

    Il y avait des anciens, majoritaires, heureux de voir un peu de jeunesse avec le Cmej Essey Lès Nancy, les autorités civiles et militaires.

    Ses anciens m'ont confié :

    • ne plus forcément comprendre le monde qui ne tourne plus rond et la rapide dégradation du climat général,
    • qu'ils aimeraient comprendre comment le monde en est si vite arrivé là,
    • que parfois ils se disent que le plus simple parce qu'ils ne comprennent plus serait de ne pas sortir de chez eux, et donc de se poser moins de questions.

    Ils m'ont aussi dit :

    • les souvenirs de la première guerre vécue par leurs parents, marqués à jamais pour les hommes par les fusillés pour l'exemple : le père et l'oncle de Simone tous deux revenus de la Grande guerre ont souvent évoqué
      • cet homme de leur unité, qui s'était perdu dans les tranchées à la suite d'une attaque et qui a été condamné à être fusillé
      • leurs angoisses à l'idée de peut être être désigné comme membres du peloton d'exécution
      • que les membres du peloton avait refusé 2 fois de tirer
    • ou leurs souvenirs de la seconde guerre mondiale.

    Au retour, j'ai trouvé ce message de Jérôme Prod'homme dont seul le titre ne me convient pas parfaitement :

    Le temps passe qui efface tout...

    On n'entend plus les larmes des familles des 1 700 000 poilus. Plus personne ne croise ces dames en noir, mères, femmes, sœurs, que nos arrières grand parents ont souvent vu et qui ont marqué leur jeunesse. Ces gamins sans père. Ces gueules cassées...
    En Normandie, à Sai, les maisons du village se sont habituées à ne plus voir passer le chagrin de mon arrière arrière grand mère, elle qui a perdu deux garçons sur les quatre enfants à qui elle a donné le jour. Elle repose dans une petite tombe, à l'abri du vent, près de l'église blanche qui se souvient l'avoir vue se marier et avoir connu la plupart de ses descendants. Dont je suis. Un peu plus loin, pas loin d'elle, les noms de Armand et Eugène verdissent sur le monument aux morts. Les noms de leurs amis aussi...

    Le temps passe, la mémoire s'éloigne dans le brouillard d'un passé qu'on pourrait imaginer révolu. Et pourtant... En 2016, plus que jamais, nous devons nous souvenir pour garder la vigilance et pour éviter de recommencer le cycle infernal de la colère.

    Il n'est peut être plus si loin qu'on pourrait l'espérer...

    Non, le temps n'efface pas tout ... ou du moins pas partout et chez tout le monde ... Il passe et il efface mais il file et sublime également.

    Je n'étais pas "chez moi" hier, là où plongent mes racines mais néanmoins en terre lorraine, dans cette nouvelle ville où je renais. Et pourtant l'émotion était là, palpable. Des larmes coulent encore dans des yeux qui n'ont pas connu ces guerres tant la mémoire cellulaire est remuée notamment par la sonnerie aux morts.

    Accepter sans comprendre que ces conflits soient encore si présents ... Y voir, peut être même, une invitation à être veilleur et vigilant.

         Continuer à faire mémoire et à lire l'Histoire car tant de choses ont tendance à se reproduire, tant de signes annonciateurs du populisme notamment me font actuellement penser à l'Allemagne des années 1936 ...

             Rendre hommage et résister, toujours, pour la paix et la fraternité ...

    PS : J'avais oublié mon téléphone et l'après-midi ne restaient plus que les quatre gerbes déposées le matin, les autres supports ayant été mis à l'abri des intempéries et des mains mal-intentionnées :

    11 novembre 2016


  • Commentaires

    1
    barbibouille
    Dimanche 13 Novembre 2016 à 09:42
    barbibouille

    Il n'y  a pas que les vieux qui se demandent comment le monde en est arrivé là...

    2
    Dimanche 13 Novembre 2016 à 10:23

    Mais peut être est-ce encore plus marquant pour eux ? Bon dimanche

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