• Le dieu perdu dans l'herbe de Gaston-Paul Effa

    Le dieu perdu dans l'herbe de Gaston-Paul EffaPresses du Châtelet - Novembre 2015 - ISBN : 9782845926271 - 182 pages

    J'ai entendu il y a quelques semaines à la radio, à la faveur d'un salon littéraire du côté de Metz, un entretien avec Gaston-Paul Effa qui venait présenter son livre sous-titré L'animisme, une philosophie africaine. 

    J'ai eu envie d'en savoir plus sur le retour à ses racines de ce fils de féticheur camerounais, devenu professeur de philosophie en France.

    Et je n'ai pas été déçu par ce qu'il nous livre des échanges avec une guérisseuse pygmée, Tala, qui lui ont permis de réconcilier ses deux cultures. Ces paroles de sagesse s'appliquent également à nous les occidentaux de souche ...

    Je vous en livre les citations qui m'ont le plus parlé, et vous laisse le soin de lire une critique "plus structurée" sur le site d'Africultures.

    Arrête donc de réfléchir. Vis ! (p. 43)

    Celui qui veut savoir apprends à écouter. (p. 63)

    Ne cherche pas à t'échapper du monde, creuse le. (p. 66)

    Je ne cherche pas à être heureuse tant que la joie est dans mon cœur. (p. 71)

    La joie fait tout ce qui te ravit en toi, alors que le bonheur le fait en dehors de toi. La joie dure alors que le bonheur n'est qu'éphémère. [...] Parvenir à la joie, c'est être en dehors du temps habituel. (p. 72)

    Tout luit de l'éclat de Dieu à qui sait regarder. (p. 75)

    Approfondis ton amour de la nature, tu n'en éprouveras que davantage de joie. (p. 81)

    L'animisme est une voie d'allégement : le regard amoureux s'ouvre et la bouche ne dit plus ce qui est vu par les yeux du cœur. (p. 82)

    Les morts ne sont pas morts. Ils sont dans les mille vents qui soufflent. Ils sont dans le tremblement de la flamme, dans les cristaux de neige qui tombent puis fondent, dans la lumière qui traverse les champs, dans le grain de pollen collé au ventre d'une l'abeille, dans la fleur qui se tourne vers le soleil, dans la douceur de la pluie d'automne. Chaque minute est cousue de mort et de naissance. Chaque seconde de la vie de maintenant répercute le battement d'une autre vie cachée dans celle-ci, qui s'éteint ou qui s'allume. (p. 84)

    Comment savoir alors que tu es heureux ? Lorsque tu es à tout ce que tu fais. l'univers entier s'offre alors soudain, tonique et étoilé. L'homme heureux est celui à qui rien, jamais, ne manque. (tourne p. 111 et 112).

    Le bonheur est dans les petites choses, dans les petits plaisirs, dans les joies minuscules : dans le vin que tu bois et que tu apprends à écouter en buvant, qui te raconte une histoire sur toi, sur l'autre, sur le monde. Il est dans la lumière qui se dégage des choses et des êtres sur lesquels se pose ton regard, dans les mots que tu accueilles avant qu'ils ne soient éteints dans ton esprit. Ne te pose pas la question de savoir si ce bonheur est durable ou éphémère : il est ce qu'il est. (tourne p. 112-113)

    Le bonheur vient à la rencontre de celui qui ne fait pas autre chose que vivre. [...] Sois à tout ce que tu fais. [...] Entre en contact avec le monde de façon à susciter en toi l'harmonie entre l'extérieur et l'intérieur. Fais le ménage en toi. (p. 114)

    La beauté s'enfante en toi et toi tu t'enfantes dans la beauté. (p. 121)

    Lorsque ton âme souffre de ne pas trouver la paix, la nature entière t'assiste pour te rappeler que tu oublies de te réconcilier avec toi-même. (p. 136)

    Un homme de pouvoir ne sera jamais droit. (p. 162)

    Possède le minimum de choses possibles. La seule chose que tu emporteras au moment de la mort, c'est la joie d'avoir aimé.  [...] Il y a diverses manières de mourir. la plus belle, c'est lorsque tu deviens silence, que ton cœur s'entrouvre comme une fleur et que l'univers entier se met à parler en toi. (p. 170)

    Il y a un bonheur à vivre ici-bas. Apprends à voler comme un nuage qui se charge d'eau, que boiront ceux qui n'ont pas la chance de voyager. Les nuages se déplacent toujours en pensant aux autres et en s'oubliant eux-mêmes. Lève donc toujours les yeux vers le ciel et tu reconnaîtras dans les nuages quelque chose de très ancien ou de très pur qui te parlera de toi, comme autant de lettres qu'il te faut apprendre à lire. (p. 172)

    Fais attention aux mots que tu prononces car ils transforment ceux qu'ils touchent. (p. 173)

    L'homme sage est celui qui se dresse sur ses faiblesses autant que sur ses forces. (p. 177)

     


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