• Le sourire


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  • Un à un disparaissent les grands témoins d'époques troubles pendant que le populisme progresse insidieusement.

    Je vous partage cet hommage à Régine Jacubert, publié hier sous la plume de Naqdimon Weil.

    Elle s'appelle Régine. Je ne la connais pas bien, un peu seulement, pas assez pour me considérer comme un proche ou un ami. Normal, elle est plus âgée que ma mère, avec ses 96 ans. Je l'ai croisée plusieurs fois lors de conférences au 55, le cercle culturel juif de Nancy, celui des anciens du Yiddishland. On avait mangé ensemble, le shabbat, chez ma mère, aussi. Et puis, je la voyais de loin pour les cérémonies du souvenir de la Shoah.

    Car Régine avait été déportée, à Auschwitz. Après avoir été torturée par Klaus Barbie, en tant que résistante mais surtout en tant que juive. Et elle a survécu, elle a "tenu", comme elle en avait fait la promesse à son frère aîné, croisé dans l'horreur du camp. Après, elle était rentrée à Nancy, ne pesant plus que 29 kilos, avait retrouvé son étal au marché, elle avait repris sa vie et surtout avait définitivement battu Hitler en faisant deux enfants. Mais sans jamais se laisser marcher sur les pieds. Elle racontait "A mon retour, j’ai fait un esclandre dans un café en plein centre ville de Nancy, car quelqu’un s’était permis de dire. "Les Polacks n’ont pas le droit de venir au marché". Je suis alors montée sur une table et pour me montrer d’avantage j’ai rajouté une chaise sur la table et j’ai dit :"Le premier qui me parle de Polacks, il reçoit la chaise sur la gueule". Plus jamais on ne parla de Polacks !". Pourtant elle était restée discrète sur l'enfer concentrationnaire, le malaise du survivant, elle qui y avait perdu ses parents, son jeune frère et 18 autres membres de sa famille.

    Puis vint le procès Barbie durant lequel elle témoigna. Alors Régine, parce que c'est comme ça qu'on l'appelle, pas Madame, pas Madame Jacubert, non, Régine, tout simplement, commença à raconter. Partout. Avec flamme. Avec énergie. Aux enfants de toutes les écoles, de tous les milieux. Elle ne travaillait plus, alors elle accompagnait les élèves en voyage dans les camps. Elle transmettait, elle expliquait, elle faisait comprendre. Elle voulait faire savoir, pour que plus jamais ça n'arrive. Elle ne pardonnait pas, pas son genre, surtout pas aux kapos. Mais elle savait aussi rire. Elle m'avait dit qu'elle avait aimé le film "La vie est belle" de Benigni, même si une comédie sur la déportation pouvait choquer, elle trouvait ça bien. L'essentiel était d'en parler pour faire comprendre. Et avec son caractère bien trempé, elle savait s'imposer, malgré sa petite taille. En toute situation, même face à un chauffeur de bus polonais qui tenait des propos antisémites dans sa langue lors d'un voyage à Auschwitz, évidemment qu'elle n'avait pas laissé passer ça.

    Mais aussi la vie s'arrête. Régine Jacubert, Régine Hiebert dans la Résistance, celle qui était née Rivka Skorka à Zagorow, Voïvodie de Grande Pologne en 1920 et qui avait changé son nom parce que son oncle lui avait dit ''C'est terminé les prénoms étrangers, ici on est en France'', s'est éteinte ce matin du 1er décembre. Et elle méritait largement qu'on évoque sa mémoire et ses combats.

    Cette fille d'homme pieux était fâchée avec Dieu, elle avait dû perdre sa foi dans un train entre Drancy et Auschwitz. Alors, ce soir, si par hasard Il existe, Il doit sévèrement être dans ses petits souliers, le Seigneur. Parce qu'elle doit lui dire son fait, sans prendre de gants.

    Elle est comme ça, Régine, toujours battante, jamais battue.

    Pour en savoir plus sur elle :
    Son livre "Fringale de vie contre usine à mort" aux éditions Le Manuscrit
    http://www.convoi77.org/en/deporte_bio/skorka-regine/
    http://rescapesdelashoah.org/regine-jacubert/
    https://www.francebleu.fr/…/j-avais-24-ans-quand-klaus-barb…
    Et son témoignage dans le très beau film de Roger Viry-Babel et Régis Latouche "Français pour 42 sous" chez ERE Production


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  • Voiture par Grand A :

    3 séances de modélisme plus tard


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  • Deux réunions plus tard ...


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  • Un article France Bleu m'a fait découvrir qu'un capitaine de gendarmerie en mission à Banguy, souhaitait recevoir des cartes postales pour décorer sa chambre.

    J'ai préparé l'enveloppe et ai naturellement informé Barbibouille qui a été plus prompte que moi à écrire.

    Ce matin, j'ai enfin rédigé les deux cartes postales : une carte postale du printemps à Manderen (château de Malbrouck) et une autre de notre cher Stan qui prend la poudre d'escampette, ce qui ne risque pas de lui arriver en ce moment, coincé qu'il est dans sa bulle.

    Cartes postales pour Banguy


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